Messaggio del Santo Padre al Presidente della Conferenza dei Vescovi di Francia per le celebrazioni in onore del Sacro Cuore di Gesù a Paray-le-Monial  , 11.06.1999



MESSAGGIO DEL SANTO PADRE AL PRESIDENTE DELLA CONFERENZA DEI VESCOVI DI FRANCIA PER LE CELEBRAZIONI IN ONORE DEL SACRO CUORE DI GESÙ A PARAY-LE-MONIAL

Pubblichiamo di seguito il testo del Messaggio inviato dal Papa a S.E. Mons. Louis-Marie Billé, Arcivescovo di Lyon e Presidente della Conferenza Episcopale francese, in occasione delle celebrazioni previste a Paray-le-Monial in onore del Sacro Cuore di Gesù:

À Monseigneur Louis-Marie Billé

Archevêque de Lyon,

Président de la Conférence des Évêques de France

1. Au moment où de nombreux pèlerins s’apprêtent à célébrer solennellement à Paray-le-Monial la fête du Sacré-Cœur et de faire mémoire de la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus faite par le Pape Léon XIII il y a cent ans, je suis heureux, à travers vous, de leur adresser mes cordiales salutations et de m’unir par la prière à leur démarche spirituelle, ainsi qu’à celle de toutes les personnes qui font en ce jour un acte d’offrande au Sacré-Cœur.

2. À la suite de saint Jean Eudes, qui nous a appris à contempler Jésus lui- même, le cœur des cœurs, dans le cœur de Marie et de les faire aimer tous les deux, le culte rendu au Sacré-Cœur s’est répandu, notamment grâce à sainte Marguerite-Marie, religieuse de la Visitation à Paray-le-Monial. Le 11 juin 1899, invitant tous les Évêques à s’associer à sa démarche, Léon XIII demandait au Seigneur d’être le Roi de tous les fidèles, ainsi que des hommes qui l’ont abandonné ou de ceux qui ne le connaissent pas, le suppliant de les amener à la Vérité et de les conduire vers Celui qui est la Vie. Dans l’encyclique Annum sacrum, il avait exprimé sa compassion pour les hommes qui sont loin de Dieu et son désir de les confier au Christ Rédempteur.

3. L’Église ne cesse de contempler l’amour de Dieu, manifesté de manière sublime et particulière sur le Calvaire, lors de la passion du Christ, sacrifice qui est rendu sacramentellement présent à chaque Eucharistie. "Du cœur très aimant de Jésus procèdent tous les sacrements, mais surtout le plus grand de tous, le sacrement d'amour, par lequel Jésus voulut être le compagnon de notre vie, la nourriture de nos âmes, sacrifice d'une valeur infinie" (S. Alphonse de Liguori, Méditation II sur le cœur aimant de Jésus à l'occasion de la neuvaine en préparation de la fête du Sacré-Cœur). Le Christ est un foyer brûlant d’amour qui appelle et qui apaise : “Venez à moi, [...] car je suis doux et humble de cœur” (Mt 11, 28- 29).

Le cœur du Verbe incarné est le signe de l’amour par excellence; aussi ai-je personnellement souligné l’importance pour les fidèles de pénétrer le mystère de ce cœur débordant d’amour pour les hommes, qui contient un message d’une extraordinaire actualité (cf. encyclique Redemptor hominis n. 8). Comme l’écrivait saint Claude La Colombière, “voici le Cœur qui a tant aimé les hommes qu'il n'a rien épargné, jusqu'à s'épuiser et à se consumer afin de témoigner son amour” (Écrits spirituels, n. 9).

4. À l’approche du troisième millénaire, “l’amour du Christ nous presse” (2 Co 5,14), pour que nous fassions connaître et aimer le Sauveur, qui a versé son sang pour les hommes. “Pour eux, je me consacre moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, consacrés dans la vérité” (Jn 17, 19). J’encourage donc vivement les fidèles à adorer le Christ, présent dans le Saint Sacrement de l’autel, le laissant guérir nos consciences, nous purifier, nous illuminer et nous unifier. Dans la rencontre avec Lui, les chrétiens puiseront la force pour leur vie spirituelle et pour leur mission dans le monde. En effet, dans le cœur à cœur avec le divin Maître, découvrant l’amour infini du Père, ils seront de vrais adorateurs en esprit et en vérité. Leur foi en sera ravivée; ils entreront dans le mystère de Dieu et seront profondément transformés par le Christ. Dans les épreuves et dans les joies, ils conformeront leur vie au mystère de la Croix et de la Résurrection du Sauveur (cf. Concile œcum. Vatican II, Gaudium et spes, n. 10). Ils deviendront chaque jour davantage des fils dans le Fils. Alors, par eux, l’amour se répandra dans le cœur des hommes, pour que se construise le Corps du Christ qui est l’Église et que s’édifie aussi une société de justice, de paix et de fraternité. Ils seront des intercesseurs de l’humanité tout entière, car toute âme qui s’élève vers Dieu élève aussi le monde et contribue mystérieusement au salut gratuitement offert par notre Père des cieux.

J’invite donc tous les fidèles à poursuivre avec piété leur dévotion au culte du Sacré-Cœur de Jésus, en l’adaptant à notre temps, pour qu’ils ne cessent d’accueillir ses insondables richesses, qu’ils y répondent avec joie en aimant Dieu et leurs frères, trouvant ainsi la paix, entrant dans une démarche de réconciliation et affermissant leur espérance de vivre un jour en plénitude auprès de Dieu, dans la compagnie de tous les saints (cf. Litanies du Sacré-Cœur). Il convient aussi de transmettre aux générations futures le désir de rencontrer le Seigneur, de fixer leur regard sur Lui, pour répondre à l’appel à la sainteté et pour découvrir leur mission spécifique dans l’Église et dans le monde, réalisant ainsi leur vocation baptismale (cf. Conc. œcum. Vatican II, Lumen gentium, n. 10). En effet, la “charité divine, don très précieux du Cœur du Christ et de son Esprit”, se communique aux hommes, pour qu’ils soient, à leur tour, des témoins de l’amour de Dieu (Pie XII, encycl. Haurietis aquas, III).

5. Invoquant l’intercession de la Vierge Marie, Mère du Christ et de l’Église, à laquelle j’ai consacré les hommes et les nations le 13 mai 1982, je vous accorde bien volontiers la Bénédiction apostolique, ainsi qu’à tous les fidèles qui, à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur, se rendront en pèlerinage à Paray-le-Monial ou qui participeront avec dévotion à une célébration liturgique ou à un autre moment de prière au Sacré-Cœur.

Du Vatican, le 4 juin 1999.

IOANNES PAULUS II

JEAN-PAUL II

ANGELUS

Dimanche, 20 juin 2004


1. Vendredi dernier, nous avons célébré la solennité du Sacré-Coeur de Jésus, dernière des grandes fêtes liturgiques qui, après le temps pascal, constituent autant de synthèses admirables du mystère chrétien:  la Très Sainte Trinité, le Corps et le Sang du Christ, et, précisément, son Très Sacré-Coeur, "Source de vie et de sainteté", "notre paix et réconciliation" (Litanie du Sacré-Coeur).

Personne ne peut connaître à fond Jésus Christ, s'il ne pénètre pas son Coeur, c'est-à-dire au plus profond de sa  personne  divine  et  humaine (cf. Pie XII, Enc. Haurietis aquas:  AAS 48 [1956], 316 sq).

2. Le mystère de l'amour miséricordieux, qui s'exprime dans le Sacré-Coeur de Jésus, nous aide à mieux vivre la Journée mondiale du Réfugié d'aujourd'hui, qui a pour thème:  "Un lieu que l'on peut appeler maison. Reconstruire des vies dans la sécurité et la dignité". Chaque personne a besoin d'un milieu sûr dans lequel vivre. Les réfugiés aspirent à cela, mais, dans divers pays du monde, des millions d'entre eux demeurent encore dans les centres d'accueil ou, quoi qu'il en soit, sont extrêmement limités dans l'exercice de leurs droits.

N'oublions pas nos frères réfugiés! J'exprime mon appréciation et mon encouragement à tous ceux qui, au sein de l'Eglise, s'engagent à leurs côtés. Je souhaite dans le même temps un engagement renouvelé de la part de la Communauté internationale, afin que soient éliminées les causes de ce douloureux phénomène.

3. Au Coeur Immaculé de Marie, que nous avons rappelé hier, nous demandons avec confiance que l'humanité, en accueillant le message d'amour du Christ, avance dans la fraternité et dans la paix et que la terre devienne la "maison commune" de toutes les nations.

A l'issue de l'Angelus, le Pape s'est adressé aux pèlerins polonais:

Je salue les pèlerins venus de Pologne et tous ceux qui s'unissent à nous lors de la prière du Dimanche. Je remercie la Pologne qui, dans le forum européen, a défendu fidèlement les racines chrétiennes de notre continent, à partir desquelles se sont développés la culture et le progrès de la civilisation de notre temps. On ne coupe pas les racines sur lesquelles on a grandi.